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« Faut-il se résigner à regarder la pensée de droite comme un objet insaisissable ? Y a-t-il irréductiblement plusieurs droites dont la confluence ne serait qu’accidentelle ? Un indice nous met en garde contre une telle interprétation : les diverses fractions entre lesquelles la droite et ses penseurs se sont de tout temps répartis ont presque toujours su s’entendre aussitôt que la menace de l’adversaire devenait vraiment sérieuse ; dans les quelques occasions historiques où la division s’est révélée insurmontable, la cassure a aussi traversé l’autre camp. »

En 2012, à l’automne de sa vie, Emmanuel Terray entreprend une enquête sur la pensée de droite. Ce livre ambitieux et concis en est le produit. Débutant avec la Révolution française, il balaie plus de deux siècles de scissions internes à cette tradition, de multiplication des tendances, de prolifération des courants. Mais l’anthropologue découvre surtout des constantes, des schémas dont les similitudes ne sauraient tenir de la coïncidence : le réalisme, l’ordre, la patrie, la hiérarchie, la morale… Socle commun qui permet aux penseurs de droite d’appréhender le réel au travers des mêmes catégories, de l’apprécier à l’aune des mêmes valeurs.

En quoi une telle taxinomie intéresse-t-elle les militant·es de gauche ? « Tous les stratèges le savent : toujours à l’affût de nos erreurs, l’ennemi est le plus sûr des maîtres ; il faut donc accepter ses leçons avec autant d’humilité que d’attention ; nous en sortirons mieux armés pour la suite. » À l’heure où ce camp se reconstruit, se renforce et s’hybride avec l’extrême droite, il importe de le connaître pour mieux le combattre.


Emmanuel Terray (1935-2024) était un ethnologue et anthropologue marxiste. Enseignant à l’université de Vincennes à partir de 1968, il a été, par la suite, directeur de recherches à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Militant de longue date, il a consacré les quinze dernières années de sa vie au soutien du mouvement des sans-papiers.