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Les incels
Annvor Seim Vestrheim
Article mis en ligne le 20 février 2026
dernière modification le 22 février 2026

par Libraire

Du clic à l’attentat

Qui sont donc les incels, cette communauté de « célibataires involontaires » qui gagne de plus en plus d’adeptes à travers le monde ? Ne sont-ils qu’une bande de trolls prisonniers de leur univers numérique, et dont il faudrait avoir pitié ?

Annvor Seim Vestrheim s’est plongée dans le plus grand forum du genre en ligne, Inceldom Discussion, pour mieux analyser cette sous-culture de la manosphère. Elle y découvre un langage codé et un ensemble complexe de règles et de normes bien définies.

« La communauté, dans sa taille et ses pratiques, a beaucoup évolué. Elle est composée de jeunes hommes réunis autour de l’idée que les femmes les priveraient injustement de relations sexuelles et amoureuses. Cette rhétorique est d’ailleurs au cœur de tueries récentes. » – Annvor Seim Vestrheim

Unis par la frustration d’un soi-disant rejet par les femmes, animés par une soif de vengeance, les membres qu’elle croise justifient leurs difficultés amoureuses et sexuelles par la biologie évolutionniste. Plusieurs défendent sans gêne la suprématie mâle, tandis que d’autres héroïsent les auteurs d’attentats…

Des Chads aux Stacys, en passant par la pilule noire, ces idées misogynes finissent par se frayer un chemin dans l’espace public et chez les jeunes. Bienvenue dans la terrifiante nébuleuse des incels.

« Un incel ne naît pas de rien. Il le devient progressivement, après avoir entendu, banalisé, justifié, internalisé et reproduit sans conséquence des discours faisant subtilement ou ouvertement la promotion de la haine des femmes. Entre blaguer sur les femmes qui usent de leur charme pour obtenir des privilèges et leur prêter des pouvoirs occultes, voire malfaisants, il n’y a qu’un pas. » – extrait de la préface de Léa Carrier


Annvor Seim Vestrheim vit en Norvège, où elle travaille comme journaliste et conseillère sur des questions de langue, de médias et de culture. Elle est titulaire d’une maîtrise en science politique de l’Université du Québec à Montréal.


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