Et nous serions paresseux ? Résistance populaire et autogestion libertaire

Préface de Normand Baillargeon
lundi 21 septembre 2009
par  cécile
popularité : 22%

Voici un essai qui nous renvoie à un autre portrait de nous-même, une page de notre histoire qui nous montre à quel point l’engagement citoyen et les mouvements sociaux sont des moteurs de changements et d’avancées notoires. Voici des histoires pour renverser la tristesse et l’apathie, des gens qui questionnent la société et la changent, tout simplement, dans leur quartier d’abord, et plus loin encore...Le quartier de Pointe-St-Charles à Montréal jouit d’une longue tradition militante. Berceau de nombreuses initiatives sociales citoyennes, c’est là que sont nées la première clinique communautaire à l’origine de l’implantation des CLSC dans le reste du Québec et la première clinique juridique populaire, modèle du réseau public d’aide juridique québécois. Une dynamique sociale forte qui nous montre comment les contre-pouvoirs sont porteurs de solutions pour l’ensemble de la société.Ce quartier, Marcel Sévigny le connaît bien. Conseiller municipal de Pointe-St-Charles pendant 15 ans, il nous livre ici une page passionnante de l’histoire populaire du quartier à travers la lutte contre le déménagement du casino et l’expérience extraordinaire du café alternatif La Petite Gaule. Deux aventures qui illustrent cette tradition de résistance populaire ainsi qu’une force créatrice de démocratie participative à travers l’autogestion libertaire. L’auteur a choisi ces deux moments forts pour illustrer la nécessité d’une action politique ancrée dans les enjeux locaux et urbains, afin que les citoyens se ré approprient l’avenir de leur quartier et le construisent ensemble.Le Sud-Ouest de Montréal, ancien quartier industriel, est aujourd’hui l’objet d’une convoitise immobilière sans précédent. Le projet de Loto-Québec et de la Ville de Montréal d’implanter un Casino en plein cœur de ce quartier populaire aurait eu des impacts terribles sur l’aménagement urbain, la santé publique, la dynamique économique et sociale du quartier qui aurait été vouée aux jeux de hasard et à une économie de luxe. Marcel Sévigny nous raconte toute l’organisation collective de la résistance, la lutte de relations publiques que se sont livrés la Table-Action-Gardien et Loto-Québec pour aboutir à l’abandon du projet. Une épopée passionnante et inspirante.Inspirante aussi l’expérience du café autogéré La Petite Gaule, lieu de débats, d’activités culturelles, de manifestations sociales. Ce café de quartier se veut un lieu pour construire, au jour le jour, les changements portés par le mouvement altermondialiste, le mouvement communautaire, les libertaires… Dans cette optique, l’auteur aborde les questions de responsabilisation, de contre-pouvoirs, d’engagement quotidien et d’autogestion.Paresseux disaient-il ? Immobilistes ? Loin de là. Il s’agit au contraire de citoyenNEs qui veulent construire une société qui leur ressemble, où règne l’égalité et la justice sociale, qui se donnent les moyens de la faire, avec lucidité et constance. Des bâtisseurs d’alternatives qui transforment le monde sans en demander la permission. Marcel Sévigny est un militant anarchiste et écologiste bien connu, impliqué dans l’organisation communautaire et plusieurs luttes populaires depuis les années 1970. Conseiller municipal de Pointe-St-Charles de 1986 jusqu’à la fusion municipale de Montréal en 2001, il a publié chez Écosociété Trente ans de politique municipale.


Ecosociété, 216 pages, 13 euros