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Nous sommes en guerre | Terreur d’État et militarisation de la police
Pierre Douillard-Lefèvre
Article mis en ligne le 11 septembre 2021

Qu’est-ce qui relie un lycéen et un Gilet Jaune, un teufeur et l’habitant d’une cité, un supporter et un occupant de la ZAD ? Tous ont subi des violences préméditées de la part de policiers qui les ont visés à la tête. Tous ont été touchés par la même arme. Il y a toujours, en amont de leurs histoires, une volonté assumée par la Police de faire mal, d’en mutiler un pour en terroriser cent.

Ce qui les relie, c’est la violence quotidienne de la police. Les armes de la police disent à celles et ceux qu’elles ciblent de rentrer chez eux, de vivre dans la crainte, d’obéir.

Dans la pénombre sécuritaire de l’époque, la question de la répression est devenue centrale. Sur fond d’écrasement de toutes les oppositions et d’états d’urgence illimités, il est désormais admis par tous que le pouvoir ne tient que par sa police. L’écrasement du soulèvement des Gilets Jaunes, avec ses dizaines de gueules cassées, ses milliers d’arrestations et l’utilisation industrielle de munitions, aura projeté une lumière crue sur la réalité du maintien de l’ordre à la française. Une séquence prolongée par la noyade d’un jeune nantais lors de la fête de la musique, par des mobilisations populaires massives pour réclamer justice pour les morts de la police et s’opposer à la loi dite de « sécurité globale », et par une gestion dystopique de la crise sanitaire à coup de drones et de contrôle de l’espace.

Si la question du maintien de l’ordre est désormais sur le devant de la scène médiatique, il s’agit en réalité de l’aboutissement d’un processus qui s’étend sur plusieurs décennies, et dont les banlieues, puis les protestations indociles ont été les laboratoires. Alors que l’horizon ne cesse de s’obscurcir et le Régime policier d’étendre sa toute puissance, ce livre retrace la généalogie d’une militarisation du maintien de l’ordre, et propose des pistes pour y résister.


Blessé à l’œil en 2007 alors qu’il était lycéen, par le tir d’un policier qui expérimentait le Lanceur de Balles de Défense – LBD 40 –, Pierre Douillard-Lefèvre mène depuis des recherches sur la militarisation de la Police et s’engage au sein de collectifs de mutilés. Il est par ailleurs chercheur en sciences sociales et auteur de travaux de sociologie urbaine.