La Tentation insurrectionniste

J. Wajnsztenj et C. Gzavier
mercredi 24 octobre 2012
par  max
popularité : 1%

Si les tendances insurrectionnistes ne sont pas nouvelles dans l’histoire du mouvement révolutionnaire, notamment anarchiste, elles semblaient d’autant plus avoir disparu qu’elles n’avaient pas vraiment été réactivées par le dernier assaut révolutionnaire de la fin des années 60. Il faudra en fait attendre le milieu des années 70, et tout particulièrement le mouvement des luttes de 1977 en Italie, pour les voir s’épanouir puis être défaites en même temps que tout le mouvement subversif de l’époque. Aujourd’hui, dans une période qui paraît sans perspectives révolutionnaires, elles réapparaissent dans un tout autre contexte alors même que l’idée de révolution semble s’être perdue. Elles prennent donc plusieurs formes, de la plus modérée avec l’« insurrection des consciences » de l’Appel des appels, à des formes plus basiques comme dans certaines actions des indignados espagnols ou des Occupy Wall Street américains, ou encore des formes plus radicales quand elles restent inscrites dans une perspective anti-étatique. C’est sur ces dernières que porte cet ouvrage, parce qu’elles reposent des questions essentielles telles que celle du rapport à la violence et à la légalité, entre perspectives révolutionnaires et pratiques alternatives voire sécessionnistes. Mais en même temps elles n’échappent pas toujours à une pose idéologique « insurrectionnaliste », mélange d’activisme, de triomphalisme et d’absence de questionne- ment sur ses présupposés. Il s’ensuit des ambiguïtés sur la nature de l’État et une méconnaissance de ce qu’est le capital.


Acratie, 104 pages, 10 euros