Disperser le pouvoir. Les Mouvements comme pouvoirs anti-Etatiques.

Soulèvements et organisation à El Alto (Bolivie - 2003)
mardi 22 septembre 2009
par  cécile
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Disperser le pouvoir décrit un moment... Les mobilisations de l’année 2003, connues plus tard sous le nom de "guerre du gaz" et qui mirent en fuite le président de l’époque, Gonzalo Sànchez de Lozada. L’épicentre de cette guerre est la ville d’El Alto, que Zibechi appelle la "capitale aymara d’Amérique". Nous savons que pour dissuader toute révolte, le gouvernement central peut réprimer, torturer, tuer. Détruire. Mais ce que le pouvoir ne peut pas, c’est incarner la sève qui fait vivre le corps social. C’est là l’intérêt de Disperser le pouvoir, qui décrit la façon dont se développe le contre-pouvoir lors de ces mobilisations. Le livre de Zibechi n’est pas l’histoire d’un leader et de son mouvement ou de ses promesses. Chronique de l’ascension d’une puissance, il expose un processus organique d’articulation, de fabrication de la puissance. Cet enseignement majeur donne à l’ouvrage une valeur universelle : il met en opposition l’histoire des alliances et des superstructures, à une histoire organique multiforme de la puissance.La nouvelle de la victoire électorale puis de l’investiture présidentielle d’Evo Morales Ayma, premier président indigène de la Bolivie, a fait le tour du monde. Toutefois, les processus qui ont mené ce pays à vivre ce moment historique restent méconnus. Cette arrivée au pouvoir a été amenée par les luttes sociales qui se sont déroulées entre les années 2000 et 2005. L’un des épisodes les plus importants et décisifs de cette période est celui de la « Guerre du gaz » (février et octobre 2003) qui a comme scène principale la ville d’El Alto.Raúl Zibechi, journaliste uruguayen, rédacteur en chef de la rubrique internationale de l’hebdomadaire Brecha, a effectué un exhaustif travail de recherche sur ce moment vécu à El Alto. En donnant la parole à ses propres acteurs, il donne à voir une fresque de la ville, trace l’histoire d’une mobilisation, de ses actions et organisations, et nous permet de revivre ces moments à travers son regard aigu de journaliste, penseur et militant. Le livre Disperser le pouvoir, les mouvements comme pouvoirs anti-Étatiques est le résultat de ce travail. Bien qu’il puisse sembler étrange de publier en Europe un livre consacré à un lieu apparemment aussi isolé du reste du monde que la Bolivie – et plus encore à la ville d’El Alto, la grande capitale aymara décrite par Zibechi – nous considérons que l’expérience révolutionnaire vécue entre février et octobre 2003 apporte un éclairage fondamental sur le rôle de la société face au pouvoir. À ce sujet, Miguel Benasayag, dans la préface, donne les pistes nécessaires pour comprendre l’importance de la publication de ce livre en France aujourd’hui.


L’Esprit frappeur, 190 pages, 15 euros