Journal d’une alchimie du moi
La civilisation marchande nous a si bien dépouillés de notre nature humaine et terrestre que la confrontation de nos désirs quotidiens avec ce qui les corrompt et les dilacère est en passe de devenir une base de résistance existentielle. Partout commence à rayonner une guérilla qui a la particularité de n’avoir d’autres armes et d’autre revendication que la vie. Cette guérilla viendra plus aisément à bout de l’exploitation de l’homme par l’homme que le hameçon rétro-bolchevique où s’enferre l’anticapitalisme militant.
Il est préférable de miser sur l’autonomie individuelle et sur l’intelligence pulsionnelle du corps pour en finir avec le calcul égoïste de l’individualisme. Nul besoin du théâtre où veulent en découdre les clientélismes fascistes et antifascistes pour déraciner l’agressivité prédatrice qui alimente la stratégie du bouc émissaire, sans laquelle le Pouvoir n’est rien.
S’il existe un trop plein de haine fatigué de patauger dans ses vomissures, il existe aussi un cœur qui retrouve avec l’amour de la nature le battement des joies profondes auxquelles aspirent les amants.
Les insurgées et les insurgés de la vie quotidienne qui illuminent la terre entière connaissent la solitude de leur combat mais ils savent que c’est une solitude de plus en plus peuplée.