L’Action directe suivi de Le Sabotage L’Action directe suivi de Le Sabotage

jeudi 17 septembre 2009
par  cécile
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L’ouvrage : Publié vers 1904, L’Action directe d’Émile Pouget est un appel à l’union et à la lutte des travailleurs contre l’exploitation capitaliste. Rejetant tout transfert de pouvoir à une quelconque autorité, à un quelconque parti, l’auteur les invite à s’organiser eux-mêmes pour résister et renverser la minorité possédante qui les « emploie ». Car c’est sûr le terrain même de l’exploitation — dans les usines, dans les ateliers, dans les bureaux — que doit se conduire la révolution sociale. Ce n’est que par un combat direct et quotidien, un combat de détails d’abord mais visant à la transformation radicale du système de production par l’abolition du salariat, que les travailleurs pourront enfin se réapproprier leur travail et n’être plus les instruments de l’enrichissement personnel de quelques-uns. Le Sabotage, paru vers 1910, constitue en quelque sorte le prolongement par l’exemple de l’appel lancé dans L’Action directe. Car il est une des formes (avec, entre autres, le boycott et la grève) que celle-ci peut prendre. Émile Pouget nous en retrace l’histoire et, à travers de nombreux exemples pris en Europe et aux États-Unis, nous indique les diverses manières de l’appliquer selon les situations. Reprenant l’idée capitaliste selon laquelle le travail n’est qu’une marchandise, cette méthode de résistance se fonde sur un principe simple : « À mauvaise paye, mauvais travail ! » Elle consiste alors à agir sur la production, en ralentissant son rythme ou en influant sur sa qualité, pour toucher le patronat là où c’est le plus douloureux pour lui : ses bénéfices. L’auteur :Né en 1860, Émile Pouget s’investit très tôt dans le mouvement ouvrier. En 1879 en effet, il participe déjà à la création du premier syndicat d’employés à Paris. Fondant en 1889 son journal, Le Père peinard, il s’attache à éveiller les consciences ouvrières en dénonçant notamment l’illusion de la lutte politique. Il prône déjà l’action directe et la grève générale comme instruments de lutte préalables à la révolution.Au milieu des années 1890, alors que les anarchistes, suite à l’ère des attentats, restent divisés sur la question de savoir s’il leur faut ou non entrer dans les syndicats, Émile Pouget milite activement en faveur de leur entrée. Et lui-même s’y investit pleinement, jouant un rôle de plus en plus important au sein de la jeune Confédération générale du travail où il défend la tendance révolutionnaire du syndicalisme contre les réformistes. Il y fait notamment adopter en 1897 le principe du sabotage comme moyen d’action sur le patronat, et les revendications, en 1904, sur la journée de huit heures et le repos hebdomadaire. Il prend aussi en charge, à partir de 1900, le premier organe de presse de la CGT : La Voix du Peuple.En 1906, il participe à la rédaction de la motion qui sera adoptée par la CGT lors du congrès d’Amiens. Cette adoption signe la victoire — temporaire — du syndicalisme révolutionnaire au sein de la Confédération en affirmant l’autonomie syndicale quant aux partis politiques et la perspective, outre l’obtention d’améliorations immédiates pour les travailleurs, de leur émancipation intégrale par l’abolition du salariat et l’expropriation capitaliste.Après avoir tenté, en 1909, de lancer un grand quotidien syndicaliste révolutionnaire, La Révolution, qui cessera rapidement faute de moyens, Émile Pouget se retire du mouvement syndicaliste et meurt discrètement en 1931.


Le Flibustier, 134 pages, 11 euros