Un plat de sang andalou

mercredi 9 décembre 2009
par  cécile
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Almeria, 1936.Ils sont là. Anarchistes, communistes, socialistes, catalans, andalous ou castillans, prêts à en découdre avec l’armée franquiste, prêts à défendre coûte que coûte ce petit port andalou. Parmi eux, Dartmann, l’allemand anti-fasciste, Marco, le déserteur italien, Ieuan, le fils de docker londonien, Solena la guerillera et enfin Le Jefe...Malgré la débâcle inéluctable, l’indifférence et l’inertie des démocraties européennes, le petit peuple d’Almeria est debout, sans casque, sur le fortin de Los Millares tel le dernier des mohicans. Fuego !Un étonnant premier roman, premier tome d’une trilogie. Une écriture cousue main, des dialogues virtuoses, ciselés, des personnages bouillants, terriblement vivants.Ce plat de sang andalou se dévore (férocement) et rend hommage à l’insoumission du peuple d’Almeria."Volveremos. Aucun point d’exclamation. Une simple affirmation, une promesse. On reviendra"

« La ville se lève, la ville s’éveille, la ville se gratte sous l’aisselle. Dans d’innombrables glaces fêlées, la ville cherche à déloger la petite paille du coin de l’oeil. Les filles se font belles, les garçons cherchent la barbe qui ne pousse toujours pus et les vieux poussent un faible soupir aigri devant le reflet morne qui se rue vers le cimetière... D’aucuns se disent en reniflant l’air matinal qu’il va faire beau aujourd’hui... A l’ouest, rien de nouveau. Rien à signaler. »Au fin fond de l’Andalousie, une petite ville portuaire oubliée du monde est sur le point de faire la une de la presse internationale. Il y aura des morts et des blessés. Des protestations et des déclarations pieuses aussi. Puis Almeria retombera dans l’oubli, la guerre civile espagnole se joue ailleurs : à Valence ou à Barcelone comme à Londres. Paris et Moscou. Le fils de docker londonien enseveli sous les bombes, l’Allemand antifasciste déserteur de la Luftwaffe, la guerrillera réfugiée de Málaga, le soldat italien promis à un sort des plus atroces et le chef charismatique d’une ville incontrôlable qui ne se laissera pas désarmer, tous seront oubliés. Qu’importe, Barcelone tombera. Madrid tombera, mais les petites gens d’Almeria résisteront jusqu au bout.Un plat de sang andalou est le premier roman d’une trilogie qui retrace la terrible Iliade des républicains espagnols, de la guerre civile à la défaite, des camps de la mort nazis à la longue et impitoyable dictature du général Franco.Gallois né en Angleterre en 1959, David M. Thomas est fils d’ouvrier. Il a été partie prenante de la grande grève des mineurs britanniques dans les années 80. Il écrit en français et vit à Limoges.


Quidam, 276 pages, 20 euros