L’expression « le grand soir » apparaît pour la première fois en 1882 lors du procès de la Bande noire , un groupe anarchiste actif autour de Montceau-les-Mines.
Lapsus d’un juge ou déformation ironique d’un journaliste réactionnaire, « le grand soir » renverse un mot que le secrétaire de la chambre syndicale des mineurs Jean-Baptiste Dumay adresse à son camarade Antoine Bonnot : « Soyons énergiques, le grand jour s’approche. »
Issu d’une recherche aux archives, Le grand soir est-il déploie le récit d’une insurrection depuis les actes discursifs qui la répriment. Les procès-verbaux de la police et les pièces d’instruction exhumés par Julie Sas sont entrecoupés de proses poétiques, dont la polysémie et la portée analytique sapent la langue du pouvoir.