A chacun son exil | Itinéraire d’un militant libertaire espagnol

Henri Melich
vendredi 24 octobre 2014
par  Librairie
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Trois quarts de siècle se sont écoulés depuis ce jour de février 1939 où un jeune adolescent se voyait contraint de franchir les Pyrénées pour chercher refuge en France, mais la considérable longueur de cette période n’a nullement émoussé l’importance qu’a revêtue, et que revêt toujours, l’exil dans l’existence d’Henry Melich.

Il fallait certainement un sacré courage pour prêter appui aux fugitifs dans la France de Vichy quand on n’a que 16 ou 17 ans, ou pour rejoindre le maquis sous le nom de guerre de « Robert Sans » quand on est à peine plus âgé, ou encore pour pénétrer en Espagne, peu après, l’arme au poing avec un commando qui essuya le feux des forces franquistes. C’est encore du courage dont il faudra faire preuve pour s’engager dans la lutte antifranquiste au cours des années soixante quand le DI (Défense Intérieure) et la FIJL entreprirent un harcèlement direct de la dictature, ou pour traverser maintes fois la frontière espagnole dans les années soixante-dix afin de « faire passer » des camarades qui fuyaient la répression. L’une des qualités des récits de vie, tels que celui que nous offre Melich, est qu’ils nous permettent d’accéder à des réalités sociales qui échappent généralement au regard des historiens de profession même lorsque ceux-ci s’écartent de « la grande histoire » et s’intéressent à l’histoire des mentalités ou des modes de vie.


Editions Acratie, 214 pages, 18 euros