Histoire désinvolte du surréalisme

Raoul Vaneigem (Jules-François Dupuis)
mardi 26 novembre 2013
par  max
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Raoul Vaneigem pointe les forces et les faiblesses du mouvement surréaliste, tout en rendant hommage à Crevel, Artaud et Péret. Le texte est à la fois mordant et polémique, instructif et passionnant, une fois passées les premières pages assez hermétiques, peut-être destinées à faire fuir le lecteur insuffisamment attentif. Comme l’explique Raoul Vaneigem dans son avant-propos : « Le livre n’est pas dénué d’agressivité, de partialité, voire de mauvaise foi […]. Je revendique en revanche sa partialité. Je continue à penser qu’à la différence de l’hypocrite objectivité, exposer carte sur table de très contestables opinions autorise le lecteur à intervenir dans le jeu, en connaissance de cause. Amender des outrances convainc aussi de pousser plus loin l’analyse et permet, au passage, d’incendier quelques préjugés. Bien que les situationnistes n’aient pu empêcher l’idéologie situationniste – le situationnisme – de se répandre en remugles de mondanité, la radicalité de leur pensée demeure intacte et poursuit son chemin. De même, le noyau qui rayonna de l’expérience vécue par les dadaïstes et les surréalistes n’a rien perdu de son caractère infrangible. Il continue à frapper de dérision les foires mercantiles de la récupération, il dévaste de son rire inextinguible les champs d’opium culturel où broutent ceux qui n’ont d’existence que par l’esprit, et dont tirent profit les gens de pouvoir et les prédateurs en tous genres. »


Libertalia, 152 pages, 13 euros